La gnoséologie est l’étude de la connaissance et des mécanismes qui y sont liés. Tout comme l’information, la connaissance est porteuse de sens (c’est une donnée + un sens). Mais la connaissance se distingue de l’information par le fait qu’elle est partagée. (Besnier, 2000).

On peut voir la connaissance comme un fond de commerce cognitif auquel on fait appel pour appréhender l’information reçue ou pour formuler une information à un public.

Par exemple lorsque l’on écrit « downing street, 10 » c’est une donnée (la chaîne de caractères). C’est aussi une information car cette donnée est reconnaissable comme étant une adresse. Mais c’est également une connaissance car on sait qu’il s’agit de la résidence du premier ministre britannique. La connaissance n’est pas portée par la donnée, elle est induite via une analogie entre l’information véhiculée et la connaissance portée par l’émetteur et le récepteur de l’information.

Deux mécanismes gnoséologiques sont primordiaux. Le premier concerne la croissance gnoséologique, le second l’oubli. (Le Moigne, 2012).

La croissance gnoséologique est un phénomène observé lors de la réception d’une information pour laquelle il n’existe pas de connaissance associée chez le récepteur. Ce dernier va alors mener des cognitions pour appréhender la nouvelle connaissance et chercher à la raccrocher aux connaissances déjà acquises. Ce phénomène de croissance gnoséologique se limite aux connaissance relativement peu éloignées des connaissances déjà présentes. La distance entre deux connaissances est une fonction de valorisation nexialiste, c’est à dire qu’elle se base sur la connexité entre les connaissances. On peut alors représenter les connaissances par un treillis (graphe muni de relations d’ordre).

Mais si la connaissance est trop éloignée de celles déjà présentes dans notre treillis gnoséologique, celle-ci ne pourra pas s’inscrire durablement et sera vite oubliée.

L’oubli est le second mécanisme qui régit le treillis gnoséologique. Un grand nombre de connaissances ne sont pas rémanentes au sein du treillis gnoséologique. Il peut s’agir de connaissances faiblement connexes comme décrit ci-dessus, mais il peut s’agir aussi de connaissances rarement usitées. Elles ont pu être fréquemment utilisées à une époque désormais révolue ou être simplement conjoncturelles, ou encore relative à des situations imaginées ou prévues non avérées.

L’oubli est un mécanisme indispensable à la prise de décision humaine. En effet si l’oubli n’existait pas, à chaque apparition d’une nouvelle situation des expériences seraient remémorées, avec leur part d’insuccès et de risques limitant de fait nos prises de décision. Rapidement on n’oserait plus. De plus chacun d’entre nous exploiterait les connaissances anciennes au lieu d’en acquérir de nouvelles ce qui nous ferait stagner.

Besnier, 2000. Jean Michel Besnier, Les théories de la connaissance, un exposé pour comprendre, un essai pour réflechir. Flammarion, collection Domino.

Le Moigne, 2012. Jean Louis Le Moigne, Les épistémologies constructivistes, PUF, Edition Que Sais Je ?