L’analogie est le mécanisme qui, sans que nous en ayons conscience, dicte le choix de nos mots et notre compréhension des situations les plus quotidiennes. Elle nous guide face à des circonstances inattendues, inspire notre imagination et est à la source des découvertes (Hofstadter Douglas, 2013).

Lorsque nous vivons une situation, nous nous sécurisons en puisant dans le réservoir des catégories et des phénomènes issus de nos expériences passées. Ce mécanisme constitue l’analogie. Douglas Hofstatder dans son ouvrage attire l’attention sur le caractère normalisateur que nous associons à nos catégorisations, tels des tiroirs bien étiquetés peuplant une armoire. En fait nos catégorisations sont beaucoup plus floues qu’il n’y parait et l’analogie pratiquée dépend pour une part importante de la façon dont nous vivons la situation.

Par exemple une situation présente peut rappeler une situation ancienne ou une autre selon qu’un critère sera mis en avant ou non. Il peut s’agir d’un critère de sécurité, de danger, ou au contraire de bien être, de maitrise, … Si l’analogie associe la situation présente à une situation passée, elle sera suivie d’une induction, tandis que si elle associe la situation présente à une catégorie ou un modèle mental de situation, elle sera suivie d’une abduction. L’induction ou l’abduction apporte des éléments de solutions à la situation présente en projetant le passé que l’on a vécu ou le modèle que l’on s’est constitué.

Hofstadter Douglas, Sander Emmanuel. 2013. L’analogie coeur de la pensée. s.l. : Odile Jacob, 2013.